Dossier séries 3: Oh, it's fantastic

Publié le par tv-en-series.over-blog.com

lost-258-lost-series-tv.jpgComme les oeuvres littéraires ou cinématographiques, la série télé,  que je conçois comme un art, se découpe elle aussi en catégories. Et s'il y a bien un genre qui se distingue des autres, c'est bien celui du fantastique et de la science fiction

 

Des monstres chaque semaine

 

Les séries fantastiques ont cette caractéristique, vite devenue un défaut, de fonctionner sur le monstre de la semaine.  Chaque semaine, un nouveau monstre apparait ou un nouveau cas et ferme l'épisode sur lui même. Ces épisodes sont dits stand alone et moi je considère toujours la série comme un feuilleton, comme quelque chose qui se suit et ne tourne pas en rond. Que ce soit dans "X files" comme dans "Buffy, the vampire slayer" jusqu'à "Fringe" récemment, toutes les séries sont passées par là. De plus, on en revient aux mêmes thèmes dans chaque série. Pour prendre un exemple, celui des gens qui vieillissent trop vite est récurrent que ce soit dans le deuxième épisode de "Fringe" ou le deuxième épisode de "Charmed". Après, c'est plus ou moins bien fait. Il ne faut pas mentir, les épisodes stand alone ne sont pas tous un gâchis total et peuvent même être grandiose. L'épisode "Un silence de mort" dans la saison 4 de "Buffy the vampire slayer" en est la preuve muette. Les moins bonnes séries fantastiques sont d'ailleurs celles qui se sont spécialisées dans ce type d'épisode n'insufflant que trop peu de mythologie comme "Charmed" ou "Smallville". Quand d'autres savent équilibrer les deux.

 

Entre stand alone et mythologie

 

Certaines séries ont joué au mixage avec le genre de l'épisode loner et de celui de la mythologie. Ainsi, peu à peu, certaines séries se construisent dès le départ sur des épisodes clos sur eux mêmes pour ensuite évoluer vers plus de mythologie. Le dernier exemple en date s'appelle "Fringe". D'autres séries ont attendu une saison complète pour bâtir un univers. C'est le cas de "Buffy the vampire slayer" où l'univers commence à prendre son sens dans la saison 2, même chose pour son spin of "Angel". D'ailleurs, des séries assez stand alone au départ ont réussi à étoffer leur univers, ce qui pour beaucoup d'entre elles offrent un spin of. Le spin of est très pratiqué dans ce type de séries aux Etats Unis ("Caprica", dérivée de "Battlestar Galactica", "Stargate Atlantis" de "Stargate SG1") mais aussi en Angleterre ("Torchwood" issue du "Doctor Who"). De bonnes séries fantastiques se sont maintenues sur cet équilibre, sur une fusion qui est avant tout une question d'audimat pour ne pas perdre trop de nouveaux spectateurs et en amener de nouveaux.

 

Oser la mythologie

 

Des séries sont devenues des légendes car elles ont osé développer une mythologie et développer de multiples questions. Elles ne se posent plus comme des séries lambda mais créent des fans qui chercheront à en élucider tous les mystères. La première légende sur ce point se nomme "X files" qui commençait pourtant par des épisodes clos et qui a su diversifier son univers sur les extraterrestres, la rendant à jamais inoubliable. En 2004, une série va encore plus loin et change à jamais l'histoire de la télévision: "Lost" où tous les épisodes suivent une continuité avec pratiquement pas d'épisode stand alone. Bien sur, les audiences baissent et il est difficile d'ameuter de nouveaux venus puisque tout défile dans cette série sans jamais s'arrêter. Une immense qualité sur 6 ans, c'est tellement rare mais à croire que seul le fantastique peut se permettre ce genre de chose. D'ailleurs, ce sont toujours les séries fantastiques ou SF qui rencontrent les plus grands passionnés. Et "Lost" a inspiré d'autres séries puisqu'un an plus tard, "Heroes" suivait le même schéma avec plus de médiocrité tandis que "Flash Forward" se cassait la gueule en une saison. Il n'a plus qu'à souhaiter qu'une série prenne son relais même si ça n'arrivera pas avant des années. Quoique "Fringe" est prometteuse...

 

Le fantastique comme genre de base

 

Aujourd'hui, le fantastique peut se mêler à d'autres genres. Ainsi "Buffy the vampire slayer" mêlait à son côté extraordinare un ton de comédie et de drama. Les personnages comptent autant que l'intrigue désormais: le cas "Lost" en est la plus parfaite manifestation. Quand on regarde "True Blood", on s'aperçoit que le fantastique n'est qu'un prétexte pour la série qui n'avance ni en épisodes stand alone, ni sur une mythologie mystique comme ont pu développer "X files" et "Lost". C'est avant tout une histoire de personnages, qui n'hésitent pas même à tomber dans le soap. Le genre fantastique a-t-il pris un nouveau virage

 

Le fantastique et la science fiction sont depuis toujours des genres privilégiés dans l'art télévisuel mais qui coûtent cher. De grandes séries mythologiques émergent ça et là mais sont encore assez rares. Même "Fringe" est plus calme que "Lost" sur ce niveau. Le gros problème pour la série fantastique lambda est celui des audience car les départs de télespectateur ont du mal à être comblés par de nouveaux venus. Les effets spéciaux ne font plus tout.

 

R-DOLLA

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